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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 10:45

 


La virée beaujolaise 2010 ayant tenu toutes ses promesses, j’ai donc décidé de reconduire cette expérience en 2011.
Cette année cependant mes contraintes familiales ne me permettent plus d’envisager des plages de liberté totale en dehors des congés scolaires, ce sera donc pendant les vacances de la Toussaint (je sais, il faut dire « d’automne ») que j’irai me promener sur les routes qui serpentent entre les collines de Belleville à Mâcon à la recherche de quelques bonnes quilles à encaver pour l’hiver.



 
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Sur les routes sinueuses du Beaujolais en automne…c’est pas beau ça !



Hélas, mes habituels copilotes m’ont fait faux bond cette fois-ci…qu’à cela ne tienne, le « poor lonesome alsacow-boy » ira se rincer le gosier tout seul.
Hoppla, c’est parti !



Jour 1. : étape in-extremis au domaine Buisson-Charles à Meursault

Initialement prévue sur le chemin du retour ma halte au domaine BC a du être avancée au lundi matin 9 heures : réveil à 4 heures 30 pour partir de Strasbourg à 5 heures…dur, dur pour un premier jour de vacances !!!
Patrick est à Bordeaux, Michel Buisson et son épouse profitent de quelques jours de repos au bord de la grande bleue, c’est donc Catherine qui assure la permanence au domaine et qui m’accueille dès potron-minet pour me faire découvrir quelques références du millésime 2010.
Sous les voutes de la cave, les rangées de fûts de chêne sont un peu moins hautes que d’habitude, la partie stockage a été vidée pour un grand nettoyage et la vinothèque du domaine subit un inventaire détaillé et une réorganisation complète.

 

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Inventaire et nettoyage des précieuses bouteilles de la vinothèque du domaine Buisson-Charles…

 

 

Après l’incontournable discussion sur l’évolution des prix des vins du domaine – un sujet très sensible qui allait déclencher un débat virulent sur la toile – nous nous retrouvons dans la sérénité de la cave face à une série de bouteilles…comme une sorte de retour aux choses essentielles !

 

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Au fond de la cave pour l'épreuve de vérité…
 

 

Il est un peu plus de 9 heures du matin et me voilà face à une série de blancs du millésimes 2010 que je me réjouis de pouvoir déguster…C’est grave docteur ?

 

 

Aligoté: le nez est pur et précis sur la poire williams et autres fruits blancs, la bouche est agréable, coulante, finement acidulée et déjà marquée par une belle touche minérale.
Fin et très gourmand cet aligoté pourra surement  jouer les trouble-fête dans des séries de chardonnays de la Côte de Beaune. J’ai toujours aimé comment le domaine travaillait ce cépage et ça n’est pas près de changer…MIAM !

Meursault Vieilles Vignes : le nez est discret, finement  floral, la bouche est svelte, élégante et toute en longueur.
Un peu réservé mais d’une grande distinction, voilà une expression très classieuse d’un Meursault…RE-MIAM !

Meursault Tessons : le nez est très discret, légèrement mentholé, la bouche se présente toute en puissance et en profondeur, la palette aromatique se définit davantage en finale avec des notes de citron frais et de menthe.
Ce beau terroir oublié dans le classement a encore tenu ses promesses cette année en nous donnant un vin concentré avec un très joli potentiel d’évolution.

Meursault 1° Cru Les Cras : les arômes de fruits blancs et de fleurs composent une palette très harmonieuse, la bouche est assez généreuse avec un beau gras et une finale longue et discrètement vanillée.
Le vin se présente avec retenue mais la noblesse de l’origine se décèle dans la plus grande complexité qui caractérise la palette et la structure.

Meursault 1° Cru Les Bouches-Chères : le nez est élégant et subtil avec des notes de miel de fleurs, en bouche la matière est plaisante et bien équilibrée mais on sent une puissante présence minérale qui tend fermement la structure.
Les notes miellées très murisaltiennes sont au rendez-vous mais ne nous y trompons pas ce premier cru est encore bien trop jeune pour s’exprimer pleinement…attention gros potentiel !

Meursault 1° Cru Goutte d’Or : le nez est discret et raffiné sur les fruits blancs avec une petite touche boisée en fond, la bouche est puissante avec une minéralité vibrante et une très grande longueur.
Le nom très flatteur de ce premier cru en fait une cible de choix pour les acheteurs de tout bord…mais il faut bien reconnaître qu’il n’y a pas que ça, car la dégustation révèle aussi la belle tenue de ce vin et fait presque regretter qu’il ne figure pas dans mon allocation pour cette année !

Nous enchainons avec 2 cuvées du millésime 2009 :

Meursault Vieilles Vignes : le nez s’ouvre doucement et délivre son message plein de miellé et fleuri, la bouche s’épanouit avec une belle rondeur et un gras très distingué, la finale est fraîche, bien déliée et revient sur les arômes du nez avec beaucoup d’élégance.
Un meursault où on sent bien la typicité du millésime 2009 : l’olfaction est très flatteuse, l’équilibre est généreux et gourmand mais le vin conserve sa tenue toujours très classieuse…pour moi cette cuvée vieilles vignes reste un must chez B.C.

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Meursault Tessons : le nez tout en retenue mais avec beaucoup de classe nous offre de belles notes florales et légèrement épicées, la bouche est plus parlante et pose avec générosité sa matière très épanouie mais bien équilibrée par une structure minérale qui soutient l’ensemble.
Tout en puissance mais peut être encore un peu jeune pour imposer sa vraie personnalité…Ce Tessons demande encore un peu de garde mais les heureux possesseurs de cette belle cuvée verront leur patience amplement récompensée.

Hélas mon temps commence à manquer, car il me faudra bien une heure pour me rendre à Morgon où Jean Marc Burgaud m’attend pour 11 heures, mais Catherine vient de chercher dans sa réserve une bouteille mystère qu’elle a décidé de me soumettre.
Ouh lahhh ! Je vais encore être amené à m’humilier (en plus devant l’épouse du boss), car malgré plus de 30 ans d’entraînement, ma capacité à identifier un vin inconnu est restée d’un niveau désespérant. Mais bon, puisqu'il faut y aller...

Après une réduction très fugace le nez livre d’intenses notes de poudre et de pierre à feu avant de partir sur un registre citronné et fleuri, la bouche possède une matière vive et puissante avec une structure très tendue et une finale longue où s’invitent des notes de pamplemousse.
Bizarre…face à cette palette et cette structure, j’ai immédiatement en tête les 2 Corton-Charlemagne bus récemment, un 1996 et un 1997. Je partage cette impression avec la vigneronne et je suis étonné d’apprendre que le bel inconnu est issu de l’un des 2 millésimes que j’ai annoncé…et en repensant à l’acidité, il me semble évident maintenant que cela ne peut être que 96. Pour le cru j’avoue ne pas avoir la culture nécessaire pour me faire une idée pertinente de l’origine de ce très beau vin…en plus j’ai bien envie de finir cette dégustation sur une bonne réponse !
En fait, c’est un Meursault Tessons 1996.


En partance pour quelques jours de vacances transalpines bien méritées, Catherine Essa a eu la gentillesse de me « coincer » dans son emploi du temps déjà bien dense pour me permettre de me faire une petite idée sur les cuvées 2010 du domaine Buisson-Charles.
Inutile de vous dire que cette petite heure passée en cave m’a fait oublier très vite mon réveil aux aurores (en fait, il faisait nuit noire…) : la qualité de l’accueil toujours irréprochable et les vins proposés d’un niveau qualitatif extra…quelle meilleure thérapie pour oublier une nuit trop courte !
J’ai ressenti les 2010 comme des vins particulièrement ciselés : précis, fins, élégants…du travail d’orfèvre. Chapeau les artistes !
Comme pour 2009, l’aligoté 2010 est splendide avec un rapport prix/plaisir incomparable, le Meursault V.V. dont le prix restera néanmoins très accessible s’impose chaque année comme mon coup de cœur personnel, Tessons m’étonne toujours par sa structure minérale (le 96 est emblématique à ce sujet) et les premiers crus encore sur la retenue disposent d’un très beau potentiel de garde.
Bref, malgré tout ce qui a pu se dire sur ce domaine, les chanceux qui pourront encaver l’un ou l’autre flacon de cette gamme ne le regretteront surement pas.


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Meursault émergeant de la brume automnale…beau tout simplement !

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 18:51

 
Je venais juste de rentrer de mon périple dans le beaujolais que le téléphone sonne avec au bout du fil Patrick, un collègue amateur de vin qui me propose une soirée consacrée à la dégustation de très vieux vins « c’est chez mon pote Patrice, à Lampertheim, on a rendez-vous dans une demi-heure… »
Ouch, moi qui pensais me poser et siroter tranquillement une bonne bouteille pour me rattraper après ces deux journées passées à recracher du vin, mais l’occasion semble bien trop belle pour que la laisse passer.
Le temps de vider le coffre bien rempli de mon monospace et c’est reparti pour un voyage dans l’histoire…on the road again camarades !

Les bouteilles sont débouchées juste avant la dégustation la plupart des vins sont mis en carafe pour éliminer les morceaux de bouchon qui y sont tombés lors du débouchage. Beaucoup de bouchons sont très dégradés et les très vieilles bouteilles ont des niveaux de remplissage en dessous de l’épaule.


Les vins sont goûtés à l’aveugle – Verres Mikasa

Champagne Piper-Heidsieck Cuvée des Ambassadeurs (fin des années 60) : la robe est cuivrée et assez terne, le nez s’ouvre sur des notes de fruits cuits avant de laisser place à une palette franchement oxydative, la bouche est quasiment celle d’un vin tranquille mais on y sent un joli gras et une belle générosité dans la structure.
Champagne Piper-Heidsieck 1966 : la robe est teintée d’or jaune avec une belle brillance, le nez est intense et évolue d’un registre minéral (silex, poudre à canon) vers un fruité agréable et mûr, en bouche l’attaque est bien vive, l’effervescence délicate reste bien perceptible, les fruits jaunes s’épanouissent et la minéralité revient apporter un peu de fraîcheur en finale.
Ces deux champagnes d’âge sensiblement égal ont résisté au temps de façon bien différente : le premier fantomatique et le second d’une jeunesse étonnante…comme quoi lorsque les champenois décident de millésimer une cuvée ce n’est pas par hasard.
           

 

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Les 2 bulles ancestrales…ne me demandez pas qui est qui !

 

 

Gewurztraminer Kaefferkopf 1975 –J. Heitzmann à Ammerschwihr : la robe est jaune assez brillante, le nez est expressif sur la rose fanée et un soupçon de noix, en bouche la matière est fluette et la finale trahit l’âge avancé avec des notes oxydatives persistantes.
Gewurztraminer Château des Ifs 1934 – J. Schwartz à Kientzheim : la robe est trouble et de couleur topaze, le nez est intéressant avec des notes de fruits secs et de cuir, en bouche la matière est encore assez riche même si le profil oxydatif s’affirme au niveau du registre aromatique, la finale est longue sur la noix et les épices.
Malgré l’oxydation présente sur ces deux vins, ces gewurztraminers se boivent encore avec bonheur : le 75 est intéressant par la subtilité de son registre aromatique et le 34 montre encore une présence étonnante en bouche.

 

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Meursault 1°Cru Charmes 1934 – J. Drouhin à Beaune : la robe est ambrée mais encore bien brillante, le nez est complexe sur les fruits secs, les épices et le thé, la bouche est assez décevante, assez pointue à l’attaque elle devient rapidement creuse et fuyante pour finir très court sur des notes d’oxydation assez fortes.
Après les belles promesses du nez, la bouche se montre vraiment décharnée et sans âme…ce Meursault avait un « Charmes » vraiment trop éphémère. Frustrant !

 

Château Rauzan Gassies 1931 – Margaux : le nez est très élégant sur les fleurs fanées et la griotte, la bouche est fluette mais l’équilibre reste très frais et la finale offre encore un joli retour aromatique.
Ce Margaux d’âge plus que vénérable possède l’équilibre fragile mais distingué d’un vieil aristocrate qui a fait son temps mais qui s’efforce encore de tenir debout. Emouvant !

 

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Châteauneuf du Pape Château des Fines Roches (années 60) : après quelques notes torréfiées (café) le nez devient très gourmand avec des arômes de fruits noirs, de réglisse et de laurier, la bouche est superbe d’équilibre même si la finale est un peu courte.

 

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Châteauneuf du Pape Château de la Font du Loup 1977 – J.R. Melia à Courthezon : le nez est avenant et bien défini sur les fruits noirs et un léger fumé, la bouche est un peu maigre avec un équilibre austère et un profil aromatique végétal sur la feuille de cassis, la finale est fraîche mais très courte.
Le premier vin est splendide même si la finale trahit une petite fatigue, le second, issu à 100% de grenache, souffre d’une maturité limite qui le rend sec et peu typé Châteauneuf (en fait, je suis parti immédiatement sur du cabernet…et vers Bordeaux)
 

 

Sainte Croix du Mont 1937 – Cave de Gaillardet : la robe est topaze avec quelques reflets rosés et une légère turbidité, le nez est intense et complexe sur la mandarine confite, le pain d’épice, le caramel…la bouche se montre très agréable avec un bel équilibre entre une acidité encore bien présente et un moelleux confortable, la finale révèle des notes d’orangette qui persistent longuement.
Ce liquoreux provenant d’une petite appellation se tient encore vraiment bien après 74 années de garde…étonnant et émouvant !

 

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Pour conclure :

Dans mon long parcours de dégustateur j’ai rencontré beaucoup de vins qui parlaient aux sens et d’autres plus exigeants et plus complexes qui s’adressaient plus à l’esprit. Aujourd’hui, face à ces témoins d’un temps qui me dépasse j’ai l’impression d’avoir croisé des vins pour mon âme (si jamais elle existe…) : ces vieillards souvent faméliques mais toujours dignes, qui avaient pour certains l’âge de mes parents, m’ont profondément ému ce soir.

Si malgré tout, on revient à des considérations plus prosaïques, il faut reconnaître que tous ces vins sans exception avaient largement dépassé leur plateau de maturité et si certains donnaient encore le change au niveau aromatique presque tous accusaient leur trop grand âge au niveau des structures en bouche, plus ou moins vacillantes.

Les deux très grosses surprises furent le Piper 66, qui prouve qu’il peut s’avérer intéressant de faire vieillir de belles cuvées de champagne et le Château des Fines Roches gourmand et encore très profond…

Mille mercis aux organisateurs de cette soirée d’avoir pensé à moi pour ce voyage dans l’histoire…

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 08:41

 

 
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Club AOC…la classe jusque dans les chaussettes à vin !

 

 

Après une réunion de rentrée conviviale et copieusement arrosée en septembre, avec des tartes flambées brillamment réalisées par notre couple d’experts, Frantz et Martial, secondés dans leur tâche par François, « Monsieur Plus » et Alain, le stakhanoviste de la crème et du lardon, notre club reprend ses activités habituelles ce soir.
Au programme deux nouveau thèmes fort intéressants (comme d’habitude) :

- Thème 1 : à la découverte des vins de Moldavie.
- Thème 2 : les blancs de Bourgogne sont-ils vraiment les plus grands ?

 Stefan est citoyen moldave et membre émérite de notre club depuis plus de deux ans. Il a pu faire jouer son réseau relationnel chez ses compatriotes pour constituer une série de bouteilles qui pourra nous donner un petit aperçu de la production vinique de son pays.
L’occasion était trop belle : pouvoir parler de vins moldaves, ça n’est pas donné à tout le monde…je vais enfin pouvoir me distinguer dans les assemblées viniques !
 

 

Pour les bourgognes blancs ce fut plus classique et plus facile, mon addiction à ces vins m’ayant conduit à en encaver depuis plus de 2 décennies, je n’ai eu qu’à faire un petit tour dans ma réserve personnelle pour constituer une série de 6 pépites censées démontrer au groupe de ce soir que cette place au sommet de la planète vinique n’était pas fortuite.
Moi, j’en suis convaincu depuis longtemps…mais je vais avoir affaire à quelques alsacos purs et durs…Suspense !

Les vins de la première série sont servis 1 par 1 et 2 par 2 pour les 4 dernières références, bouteilles cachées.
Les vins de la seconde série sont cachés et servis 2 par 2.

Verres INAO.

Soirée Club AOC du 7 octobre 2011 à La Wantzenau

 

 

 

Thème 1 : c’est où déjà la Moldavie ?

Crémant Cricova Cuvée Prestige : le nez est agréable et très classique sur les fruits blancs, le beurre, la craie et une petite touche de miel, en bouche la mousse est virulent avec un CO2 qui altère peut-être un peu la pureté du goût, la finale est légèrement amère.
Située au centre de la Moldavie, près du village éponyme, la maison Cricova est connue pour ses caves gigantesques (100 km de galeries…ça calme !) implantées dans une ancienne mine. Ce crémant conçu selon la méthode champenoise est un assemblage de pinot blanc et de chardonnay constitue une plaisante entrée en matière même si sa bulle agresse un peu le palais.

 

Cricova 

Chardonnay Premium Wine 2008 – Purcari : le nez est discret avec quelques notes beurrées et boisées suivies par des arômes floraux très fins, l’attaque en bouche est empreinte d’une certaine douceur avant de révéler une matière assez légère mais bien fraîche, la finale est vive et discrètement boisée.
Avec un marquage chardonnay bien présent mais des éléments constitutifs qui apparaissent un peu dissociés à l’ouverture, ce vin se montrera bien plus à son avantage en fin de soirée après une longue oxygénation…une cuvée sûrement encore un peu jeune, mais avec un vrai potentiel !
Comme pour le vin précédent, Purcari est le nom d’un village situé dans le sud-est de ce pays mais aussi celui de l’exploitation viticole qui a produit cette bouteille. La plupart des vins de la soirée proviennent de ce domaine dont nous reparlerons plus loin.
 

 

Rara Neagra 2009 – Purcari : le nez est assez intense et bien net sur les petits fruits rouges, en bouche les arômes de groseille s’imposent, la matière est assez ample mais la finale est très austère.
Issu d’un cépage autochtone ce premier vin rouge de la série séduit par sa présence aromatique mais dérange un peu par un excès de sècheresse en bouche…étonnant pour un 2009 !

 

Rara Neagra de Purcari 2009

 

Shiraz Equinox 2009 : le nez est dominé par de puissantes notes d’élevage qui laissent peu à peu la place à d’élégants arômes floraux et épicés, la bouche est assez charmeuse avec du fruit, une pointe acidulée et un boisé plus discret qui revient en finale.
Ce vin de syrah, produit par un vigneron indépendant du village de Purcari, est un peu trop « planchu » à mon goût mais révèle une très belle matière en bouche…visiblement pas tout à fait en place aujourd’hui cette cuvée peut réserver une bonne surprise dans quelques temps.

 

Equinox Shiraz 2009

 

Pinot Noir 2006 – Purcari : d’entrée le nez se montre plus raffiné avec une palette sur les fruits mûrs et les épices, la bouche possède des tanins soyeux, une acidité bien verticale et une matière très gourmande, la finale est bien aromatique mais se révèle un peu court.
Même si le corps manque un peu de charpente, ce vin se déguste avec plaisir, tout en finesse et en douceur.
 

 

Cabernet Sauvignon 2003 – Purcari : le nez est discret mais très complexe avec des notes de petits fruits rouges, des épices et une touche légèrement fumée, la bouche est tonique, toujours bien fruitée mais la finale est marquée par une acidité très pointue et des tanins assez virils.
Malgré de belles promesses au nez ce vin se montre trop sévère en bouche…et pourtant avec ce millésime on aurait pu s’attendre à davantage d’agrément au bout de 8 ans de garde.

Rosu de Purcari 2003 – Purcari : le nez est dominé longuement par des notes empyreumatiques assez bizarres (caoutchouc, caramel brûlé), la bouche est très anguleuse mais avec un fruité qui commence à se manifester, la finale est dense mais la trame tannique reste assez râpeuse.
Château la Rose Brana 2003 – Vignobles Ollier à Saint Estèphe : le nez dénote avec le précédent par sa finesse, on y trouve des arômes de fruits rouges acidulés sur une fond boisé très fin, la bouche surprend par sa virulence, les tanins sont anguleux, l’acidité est puissante et la finale reste assez agressive malgré l’apparition de quelques notes de violette tout à fait charmantes.

 

Chateau La Rose Brana St Estephe

 
Cette paire de vins avec un pirate que personne n’a démasqué, ont des structures en bouche presque similaires, austères et excessivement viriles même si le Saint Estèphe offre une palette aromatique plus raffinée que la cuvée moldave. Issu d’un assemblage de cabernet-sauvignon, merlot et malbec élevé 3 ans dans des barriques de chêne français, ce Rosu n’a toujours pas digéré son élevage…mais y arrivera-t-il un jour ?
Le Saint-Estèphe a globalement déçu, surtout en bouche, même s’il s’est montré plus d’harmonieux le lendemain…


Negru de Purcari 2005 – Purcari : le nez est délicat et raffiné avec un registre sur les fruits noirs confits et les épices (muscade), en bouche l’attaque est vive, la matière est charnue, riche et très juteuse, la finale est légèrement acidulée et revient sur les notes épicées.


Negru de Purcari

 

Negru de Purcari 2003 – Purcari : comme le précédent le nez libère de beaux arômes de fruits noirs mûrs mais révèle un boisé subtil et bien intégré, la bouche est dense, veloutée avec une matière riche et des tanins souples, le finale reste bien fraîche mais d’une longueur conséquente.
Les Negru de Purcari sont des assemblages dominés par le cabernet sauvignon (70%) et complétés par 2 cépages locaux (20% de rara negra et 10% de saperavi). Ces 2 vins nous font faire un vrai bond qualitatif dans la série : une grande distinction au plan aromatique et un équilibre impeccable en bouche, ces fleurons de la maison Purcari sont de très beaux vins !

 

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La série complète.



Pour conclure :

- La Moldavie est une petite république de 4 millions d’habitants située entre la Roumanie et l’Ukraine. L’histoire viticole de ce pays est très longue puisque, dès le I° siècle avant J.C., les Grecs y ont introduit leurs cépages et leurs pratiques culturales.
Complètement détruit par les deux guerres mondiales et par les mesures drastiques de lutte contre l’alcoolisme imposées par l’U.R.S.S. des années 80 (arrachage d’une grande partie des vignes), la viticulture moldave renaît de ses cendres depuis la fin des années 1990 si bien qu’aujourd’hui on ne compte pas moins de 147000 hectares en culture .

 

carte moldavie fr 

 

La Moldavie et ses principales villes…Purcari se trouve à l’est de Causeni sur les bords du fleuve Nistru

 

- Le secteur de Purcari est particulièrement propice à la culture de la vigne : avec une latitude équivalente à la Bourgogne, des vignes sur les coteaux qui bordent le fleuve Nistru, un sol argilo-calcaire recouvert d’une couche de terre noire plus fertile et un microclimat adouci par l’influence de la Mer Noire, on dispose de conditions très favorables pour concevoir de beaux vins.

 

purcari 

 

Purcari et les méandres du Nistru

 

- La plupart des vins dégustés ce soir sont encore un peu trop démonstratifs avec des élevages qui manquent de subtilité et des matières parfois un peu trop virulentes, mais les potentialités de ce vignoble sont évidentes…il suffit pour s’en convaincre de goûter les 2 magnifiques Negru de Purcari, coups de cœur absolus sur cette série.

- Après ce voyage culturel et gustatif tout à fait passionnant, il faut remercier chaleureusement Stefan notre guide en terre moldave pour la qualité de son travail : j’ai appris à connaître un peu mieux ce pays tout en me régalant avec cette dizaine de flacons venus d’une région plus qu’exotique pour un oenophile francocentré de mon acabit…on voyage, on s’ouvre de nouveaux horizons dans notre culture vinique, c’est ça aussi le club A.O.C. !

 

 

 

Thème 2 : les rois bourguignons méritent-ils leur trône ?

Pernand Vergelesses Les Cloux 2008 – Domaine Rollin à Pernand Vergelesses : le nez est discret mais raffiné avec des arômes de pamplemousse et quelques évocations très minérales (pierre, coquille d’huitre), la bouche est ample, verticale et minérale avec une acidité droite bien longue et une finale où apparaît une fine touche mentholée.
Meursault Vieilles Vignes 2008 – Domaine Buisson-Charles à Meursault : le nez est épanoui et complexe avec des notes de miel, de mirabelle et de poire Williams, la bouche possède une structure large et sphérique, beaucoup de volume et de gras et une finale très longue où on retrouve la complexité aromatique perçue au nez.
Voilà une belle entrée en matière avec ces deux cuvées de caractère très différent mais avec un excellent niveau qualitatif : le Pernand est un vin de terre sans concession mais avec une structure solide et impeccablement construite alors que le Meursault se présente d’emblée comme un grand séducteur tout en révélant une matière dense et équilibrée, pleine de sève et d’énergie…et 2 MIAMS pour commencer !

 

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Puligny Montrachet 1°Cru Les Referts 2004 – Domaine Carillon à Puligny : à l’ouverture le nez se montre peu avenant avec des notes de poudre à canon et un peu de réduction, après oxygénation la palette se purifie pour évoquer des beaux arômes d’écorce d’agrumes, de fougère et d’épices, la bouche est puissante avec une structure verticale et une finale longue et complexe.
Meursault 1°Cru Bouches Chères 2004 – Domaine Buisson-Charles à Meursault : le nez est très agréable, ouvert et disert, il fait parler l’assistance…miel de châtaigne, fleurs, notes fumées, épices douces, la bouche donne une impression de suavité par sa texture soyeuse et son gras très élégant, la finale longue laisse transparaître de discrètes notes de gentiane.
Ces deux premiers crus issus d’un millésime réputé difficile tiennent leur rang avec noblesse et distinction tout en gardant leurs différences : le Referts puissant et minéral et le Bouches-Chères caressant et raffiné…un couple magnifique !

 

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Corton Charlemagne 1997 – Domaine Marey à Pernand Vergelesses : le nez est complexe et évolutif, après des notes minérales (poudre à canon et silex), on perçoit l’amande grillée, les fruits jaunes et les épices, la bouche est opulente, riche et volumineuse avec un milieu un peu moins dense mais une finale qui impose avec force une longue persistance aromatique.
Bienvenues Bâtard Montrachet 1997 – Domaine Carillon à Puligny : le nez est discret et racé, craie, silex écorce de citron, la bouche est puissante, minérale et très grasse avec des arômes nobles et pénétrants qui persistent dans une finale de longueur exceptionnelle.
C’est toujours difficile d’ouvrir de grandes bouteilles car, au vu des attentes justement très élevées, le risque de déception est réel…mais ce soir, les « pointures » se sont imposées avec brio !
Des émotions pures et intenses face à l’évidente beauté ces 2 vins…silence et recueillement !

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Pour conclure :

- cette série très courte a été conçue pour offrir un crescendo qualitatif en associant deux vins de niveau et de millésime similaires mais d’origine et d’expression différentes. Après la dégustation on a le sentiment que ces 6 crus ont vraiment joué leur partition sans fausse note en assumant leur typicité et leur classement.

- Les villages 2008 se sont montrés bien ouverts et ont séduit par leur franchise et leur gourmandise, les premiers crus 2004 étaient à parfaite maturité, riches et complexes (et sans faux goûts végétaux…pour le meursault, il fallait vraiment chercher et donc connaître le millésime, j’étais d’ailleurs le seul à trouver un peu de gentiane…pas étonnant !), enfin les 2 Grands Crus nous ont mis une belle claque avec des présences olfactives complexes et des textures en bouche d’une densité et d’une puissance vraiment incomparables. De plus, après plus de 14 ans de garde, ils se tenaient magnifiquement bien et ne semblaient pas du tout prêts à partir sur le déclin, apportant ainsi la preuve que l’on peut garder sereinement de grands bourgognes blancs.

- à titre personnel, s’il fallait vraiment isoler l’un au l’autre coup de coeur de cette sélection, je choisirai d’un côté le Meursault Vieilles Vignes 2008, jeune mais déjà tellement séduisant et d’un autre côté le Bienvenues 1997 qui rentre dans le pinacle des très grands vins blancs que j’ai eu l’occasion de boire (comme  son grand frère de 1993 que j’ai dégoupillé quelques jours auparavant avec l’ami cyra).

 

 

Beaux Bourgognes Blancs

 

La série bourguignonne au complet avec des « tenues » plus ou moins présentables…mais comme on dit « l’habit ne fait pas le moine ».

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 08:33

 

 

Poussés par l’envie de découvrir les mystères de l’Alsace et de ses vins, nos amis ardéchois ont enfin trouvé le courage de quitter pour quelques jours le chant des cigales et les parfums de la garrigue, pour remonter dans le grand nord, affronter la rigueur d’un climat hostile et la dureté d’une terre inhospitalière…

Aidé par la météo incroyable de cette fin septembre et par la gentillesse de nos hôtes successifs sur la route des vins, je pense sincèrement les avoir étonnés plus d’une fois au détour d’une halte dans notre belle région.
Comme j’ai l’habitude de le dire à la fin de mes chroniques sur les Grands Crus, je crois bien qu’eux non plus ne boiront plus jamais du vins d’Alsace comme avant….

La fin du séjour alsacien des ardéchois approche et, pour cette dernière escapade, nous partons vers un autre endroit qui me tient particulièrement à cœur : Mittelbergheim et ses environs. La visite de ce village, que je considère comme l’un des plus beaux de la Route des Vins, est presque un passage obligé, sans compter qu’on trouve dans les environs immédiats, plein d’autres sites à ne pas rater comme la superbe route vers Andlau, au pied des Grands Crus Wiebelsberg et Kastelberg ou les villages fleuris (Itterswiller notamment) qui sont un ravissement pour les yeux.
Bref, c’est une après-midi qui s’annonce bien…avec comme destination finale le domaine Beck-Hartweg à Dambach où Florian (enema) nous attend à la fin de sa journée de vendanges pour présenter son domaine à son correspondant virtuel, sur lequel il va enfin pouvoir mettre un visage.

Nous commençons par une petite promenade dans les rues de Mittelbergheim où nous croisons Jean-Pierre Rietsch qui nous invite évidemment à passer le voir dans sa cave…de toute façon, je ne quitte jamais ce village sans avoir salué ce sympathique vigneron.

 

 
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Mittelbergheim (au printemps)…comment ne pas s’arrêter.

 


Après quelques pas sur le coteau du Zotzenberg où des brigades de vendangeurs s’activent encore nous nous retrouvons donc en compagnie de Jean-Pierre Rietsch, entre les foudres et les cuves pleines des jus de 2011 qui fermentent bruyamment. Nous dégustons les vins en cours de formation et constatons que les matières sont riches et gourmandes avec des sucrosités naturelles conséquentes, des acidités bien présentes et toujours ces superbes sensations salines qui m’avaient déjà fortement impressionné sur 2010.
 

 

La visite se poursuit dans le caveau de dégustation où les groupes de clients de passage se succèdent sans discontinuer.
 

Jean-Pierre nous présente quelques une de ses cuvées emblématiques en nous expliquant ses conceptions actuelles au sujet de la vinification et de l’élevage de ses vins : être à l’écoute des vins et les accompagner au mieux pour qu’ils se réalisent pleinement. Cette philosophie très « nature » pousse notre vigneron à sortir chaque année des cuvées sans intrants ou d’autres encore plus expérimentales, lorsqu’il s’oriente vers des élevages oxydatifs.
Parmi les vins dégustés lors de cette visite je retiendrai tout particulièrement :

 

- le Muscat nature Murmure 2010 que j’avais déjà goûté sur foudre en décembre et qui se révèle plein de charme et de mystère.
- le Riesling nature 2010, provenant du grand cru Zotzenberg, il impressionne par son caractère cristallin et sa tenue impeccable en bouche…Grand MIAM !

 

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- le Riesling Stein 2010, malgré son olfaction à l’expressivité un peu baroque, il montre beaucoup de classe en bouche avec une matière riche et solidement structurée qui répond parfaitement à l’exubérance du nez…Très grand MIAM !

 

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- la cuvée oxydative (dont je n’ai hélas pas noté le nom mais qui est épuisée depuis quelques temps) s’est vraiment montrée à son avantage et m’a particulièrement interpellé par sa personnalité originale mais diablement séduisante…le genre de cuvée qui vous ouvre d’autres horizons dans le paysage viticole alsacien !

Avec des notes minimales ou souvent inexistantes je n’ai pu tracer qu’une petite esquisse des crus dégustés durant cette visite mais j’aurai l’occasion très prochainement de m’entretenir plus longuement avec Jean-Pierre Rietsch puisque l’étude du Zotzenberg en cours passera par son domaine…

Après cette nouvelle rencontre avec ce vigneron de Mittelbergheim, je suis plus que jamais convaincu qu’avec son esprit créatif un peu artiste et son amour passionné du vin, Jean Pierre n’est pas près de s’arrêter de concevoir des cuvées novatrices et originales pour nous livrer sa vision parfois décalée mais toujours sincère du vin d’Alsace.


 

 

La dernière halte de la demi-journée à lieu à Dambach la Ville où, après le traquenard de Mittelbergheim, nous arrivons évidemment bien trop tard pour assister à la fin de la journée de vendanges au domaine Beck-Hartweg.
Mais qu’à cela ne tienne…ce sera déjà l’occasion de faire se rencontrer deux avatars de DC (cyra et enema) et bien sûr d’aller visiter la cave du domaine.


D’ailleurs la journée est loin d’être terminée pour cette famille vigneronne : le pressoir est chargé de la vendange du jour et le jus des gewurztraminers s’écoule doucement sous les yeux vigilants de Michel, le papa de Florian, alors qu’Yvette, la maman s’occupe d’un couple de clients attablés dans la cour…ça turbine sec chez les Beck-Hartweg en cette fin de semaine !

Florian nous invite à goûter le jus de raisin qui s’écoule dans le pressoir : c’est brunâtre, très sucré et légèrement acide en finale « un gewurztraminer vraiment magnifique ! » s’exclame ce jeune vigneron visiblement très content de sa récolte du jour…pour nous c’est franchement illisible mais bon, c’est là qu’on prend conscience des limites d’un dégustateur amateur.


Pour continuer nous nous rendons dans cave parmi les vieux foudres où fermentent les vins du dernier millésime pour goûter quelques cuvées 2011 : il y a notamment un sylvaner étonnant de densité et de beaux Frankstein qui laissent déjà entrevoir leur trame minérale.

La dégustation se poursuit à l’entrée de la cave mais le temps nous est compté puisque l’heure du dîner approche – en plus, comme c’est la veille du départ, ce sera tarte flambée au restaurant – nous sommes donc obligés de faire une sélection drastique parmi la quinzaine de références à la vente actuellement chez les Beck-Hartweg. Malgré le peu de temps disponible pour apprécier pleinement les vins (et prendre des notes exploitables…), j’ai été sensible au charme de plusieurs ciuvées comme :


- le Riesling Cuvée Prestige 2010, franc, précis, sec et tendu.
- le Riesling G.C. Frankstein 2009, discret au nez mais long et profondément minéral en bouche.
- l’Auxerrois Vieilles Vignes 2010, étonnamment complexe au nez et finement miellé en bouche…MIAM !

 

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- le Pinot Gris G.C. Frankstein 2009, épanoui au nez mais harmonieux et très profondément minéral en bouche. J’aime…et pourtant c’est du pinot gris !

 

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- le Gewurztraminer G.C. Frankstein 2007, très aérien et sensuel au nez avec ses arômes de fleurs, il repose sur une solide base minérale en bouche…encore un 2007 qui se goûte parfaitement aujourd’hui !

 

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- le Gewurztraminer S.G.N. 2007, issu exclusivement de raisins passerillés, il garde la pureté du fruit surmûri, mais se montre un peu too mutch pour moi en bouche…belle réussite quand même (Bettanisé en 2011).


Florian a repris à son compte l’exploitation familiale et signe ses cuvées avec son nom et son prénom depuis le millésime 2009. Ses parents restent cependant très présents sur l’exploitation en lui apportant leur force de travail et leur expérience. Malgré la construction d’un espace plus volumineux pour les réceptions de vendange et le stockage, Florian est resté très fidèle aux espaces professionnels chargés de l’histoire du domaine : c’est ainsi qu’on sent une vraie âme dans la vieille cave à foudres située sous la maison des Beck-Hartweg.

Avec des parents fervents militants de la Charte Tyflo, Florian n’a eu aucune difficulté pour passer à la viticulture biologique. C’est ainsi qu’il laisse s’exprimer ses solides convictions sur la nécessité de respecter le sol, la plante et l’écosystème dans son travail de vigneron. Pour avoir participé deux fois déjà à des journées de vendanges au domaine je peux témoigner de la qualité exceptionnelle des raisins récoltés dans les vignes conduites par Florian et ses parents.

Elevés principalement dans de vieux foudres en bois, les vins du domaine sont précis et typés, notamment les Frankstein, dotés d’une minéralité très particulière, tout à fait différente de celles des terroirs granitiques du sud tels que les Brand, Sommerberg ou Wineck-Schlossberg.
Le pinot gris 2009 équilibré et gourmand est presque à point, le riesling 2009 cache encore bien des secrets mais le gewurztraminer 2007 a commencé sa phase de plénitude et nous a offert un véritable récital gustatif en fin de dégustation.

Cette tournée alsacienne des ardéchois se termine donc par une rencontre entre internautes…comme pour rappeler que les forums de dégustateurs permettent également de tisser de vrais liens d’amitié en dehors des échanges virtuels sur la chose vinique.

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 23:24

 

Poussés par l’envie de découvrir les mystères de l’Alsace et de ses vins, nos amis ardéchois ont enfin trouvé le courage de quitter pour quelques jours le chant des cigales et les parfums de la garrigue, pour remonter dans le grand nord, affronter la rigueur d’un climat hostile et la dureté d’une terre inhospitalière…

Aidé par la météo incroyable de cette fin septembre et par la gentillesse de nos hôtes successifs sur la route des vins, je pense sincèrement les avoir étonnés plus d’une fois au détour d’une halte dans notre belle région.
Comme j’ai l’habitude de le dire à la fin de mes chroniques sur les Grands Crus, je crois bien qu’eux non plus ne boiront plus jamais du vins d’Alsace comme avant….

Après une première journée dans le Haut-Rhin, ce vendredi essentiellement consacré à des flâneries dans Strasbourg se termine tout naturellement par une petite escapade dans la « Couronne d’Or ». Comme chacun sait, ce secteur viticole également appelée « vignoble de Strasbourg » à cause de sa proximité géographique et historique avec la capitale alsacienne, constitue l’une de mes destinations viniques de prédilection, d’autant plus que depuis une bonne dizaine d’années les vignerons de grande qualité s’y sont multiplié.
Pour la suite de mon périple avec nos amis ardéchois ce sera donc cap à l’est en direction de Bergbieten pour une visite au domaine Roland Schmitt.

Malgré une petite demi-heure de retard (dur de sortir de Strasbourg un début de week-end !), Julien et Bruno, les deux frères qui cogèrent l’exploitation avec leur maman, nous accueillent avec le sourire et nous invitent à nous installer dans le caveau pour faire un petit tour d’horizon de leur production actuelle.

 

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Quand un vigneron débouche, l’ardéchois sourit…Pavlov n’est pas loin !
 

 

Crémant d’Alsace Les Bulles de Noémie : le nez est fin et précis sur un registre floral, la bouche est très élégante avec une bulle régulière, des arômes citronnés bien désaltérants et une finale qui laisse le palais frais et dispos.
Victime de son succès cette cuvée issue d’un assemblage à parts égales de pinot noir et d’auxerrois est presque toujours en rupture…pas étonnant, car au vu du rapport prix/plaisir c’est un must !

 

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Sylvaner Grand A 2010 : le nez est franc et précis sur les fruits blancs, la bouche vive et tendue et se prolonge avec de belles notes salines qui trahissent l’origine particulière de cette cuvée issue du grand cru.
Pinot blanc 2010 : le nez est fin mais plus réservé que le sylvaner mais la bouche possède un équilibre parfait, gourmand et sapide, ce vin descend tout seul…
L’emblématique Grand A tient son rang par sa structure minérale qui s’impose en bouche mais sur ce millésime le pinot blanc (100% auxerrois) lui tient tête par son côté gourmand et digeste…entre les deux mon cœur balance, mais il me semble que le sylvaner est déjà épuisé…

Riesling Glinzberg 2010 : le nez est vif et marqué par les zestes d’agrumes, en bouche l’attaque est pointue mais la matière se montre charnue et profondément fruitée, la finale est bien minérale.
Riesling Ostenberg 2010 : le nez très fin révèle des notes de groseille blanche, la bouche est plus relâchée avec une acidité moins anguleuse mais plus profonde et toujours une belle sensation minérale en finale.
Riesling Thalberg 2009 : l’olfaction se développe sur un registre terpénique avec des notes de résine, de zestes et d’herbes aromatiques, en bouche, la belle colonne vertébrale acide soutient une matière gourmande, fruitée et finement saline.

 

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Riesling G.G Altenberg de Bergbieten 2009 : le nez est très complexe mais bien ouvert sur le miel, les fleurs de printemps et la résine, en bouche le gras est palpable mais l’équilibre est parfait, la finale révèle une intense sensation saline.
Ces 4 très beaux rieslings proposés sur la carte du domaine Schmitt, possèdent des personnalités bien différentes avec le millésime qui marque les équilibres et une minéralité bien particulière à chaque terroir. Les 2009 déjà bien ouverts se dégustent avec beaucoup de bonheur aujourd’hui, les 2010 gardent encore un peu de mystère mais sont résolument construits pour la garde.

Pinot Gris 2010 : le nez est encore sur la retenue mais on y décèle d’élégantes notes fruitées, la bouche est aimable avec un moelleux léger et une finale particulièrement digeste.
Pinot Gris G.C. Altenberg de Bergbieten 2010 : le nez est discret, précis et très élégant, la bouche associe une matière puissante avec du gras et une trame acide très solide qui construisent un équilibre bien vif, la finale est longue, minérale et discrètement fumée.
Voilà deux pinots gris qui jouent la carte de la finesse avec bonheur et qui renforcent ma conviction que 2010 est décidément un très beau millésime pour ce cépage.
Cela fait quelques années que les pinots gris alsaciens ne me parlent plus trop, mais avec ce générique très séduisant et ce grand cru vraiment magnifique, je suis prêt à reconsidérer ma position…

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Pinot Noir 2009 : le nez est vraiment explosif sur les fruits rouges et le noyau de cerise, la bouche est juteuse, fruitée, mûre et finement acidulée en finale.
Avec un fruit épanoui qui croque sous la dent le dégustateur craque sans résister !
Ce pinot noir vinifié et élevé en cuve inox est une gourmandise absolue et constitue une vraie surprise chez les Schmitt qui avouent ne pas être de grands spécialistes de ce cépage généralement utilisé pour le crémant (comme en 2010). Ceci dit, la réussite de ce 2009 a peut-être donné quelques idées à Julien qui envisage de replanter sa parcelle sur l’Ostenberg avec des pieds de pinot noir…à suivre.

 

Gewurztraminer Glinzberg-400 Millésimes 2010 : le nez est expressif et séduisant sur le litchi et l’ananas frais, la bouche se présente avec une élégance presque aristocratique, équilibre subtil, grande finesse aromatique et jolie longueur…MIAM !!!

 

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Gewurztraminer G.C. Altenberg de Bergbieten 2010 : le nez semble plus réservé (surtout après le vin précédent…) mais se montre pur et très fin, la bouche possède une matière sphérique, ample et équilibrée, la finale se montre longue et sapide et révèle une délicate touche fumée.
Le premier gewurztraminer est un pur vin-plaisir issu d’une vendange minuscule (18 hl/ha) et qui a été choisi à juste titre pour marquer l’année du 400° millésime du domaine. Le second possède la distinction et la retenue d’un grand cru…laissons lui un peu de temps, sa remarquable structure le permettra sans aucun doute.


Riesling Ostenberg V.T. 2007 : le nez est puissant sur les agrumes confits avec quelques notes épicées, la bouche généreuse et bien équilibrée s’épanouit sur des arômes gourmands de marmelade d’oranges qui persistent longuement en finale.
Gewurztraminer G.G. Altenberg de Bergbieten V.T. 2009 : déjà « bu et approuvé » il y a quelques jours lors de la Masterclass d’automne de l’Oenothèque Alsace (encore !!! On va vraiment croire que je me laisse influencer par les choix de Thierry Meyer…), ce vin se montre très plaisant avec son nez sur l’ananas et l’abricot mûr et sa bouche riche, moelleuse et puissamment saline en finale.
Le surprenant Ostenberg dégusté l'année dernière possède toujours son charme un peu démonstratif mais assez envoûtant, le G.C. rentré avec une maturité S.G.N. est en passe de devenir un moelleux de référence sur 2009...voilà une finale apothéotique comme je les aime !

 

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Je suis fidèle au domaine Roland Schmitt depuis de longues années et leur fameux pique-nique du week-end de Pentecôte a même fait l’objet de l’une de mes premières contributions sur la toile (en juin 2006…comme le temps passe vite !). J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt l’évolution de cette exploitation familiale de Bergbieten qui propose, millésime après millésime, une sélection de crus de la Couronne d’Or de très haut niveau à des prix encore tout à fait raisonnables.
Ayant découvert quelques vins de ce domaine à l’occasion de matches viniques alsaco-ardéchois, nos amis du sud avaient vraiment envie de rencontrer ces vignerons lors de leur passage en Alsace…je crois qu’ils n’ont pas été déçus !
D’un naturel calme et affable Julien explique son métier et ses vins avec simplicité, clarté et sincérité…passionné mais toujours très lucide, il a conscience de la qualité de ses terroirs et de son outil de travail et se consacre pleinement, millésime après millésime, à tirer le meilleur parti de ce précieux héritage.
L’ensemble des références proposée témoigne d’une grande homogénéité qualitative : les vins se présentent sans trop d’exubérance et de folklore tape à l’œil mais toujours avec une belle matière, une grande profondeur et une trame minérale saline qui se manifeste même dans certaines cuvées d’entrée de gamme.
Comme je le dis et le redis depuis longtemps : « goûtez toujours le sylvaner et le pinot blanc chez un vigneron alsacien , vous saurez rapidement comment il travaille… ». Chez les Schmitt vous ne serez pas déçus…et si, par pur plaisir ou par vice (comme moi d’ailleurs) vous remontez la gamme vous verrez comment ils arrivent à rendre palpable cette substance minérale si particulière au secteur de l’Altenberg et de ses terroirs contigus (Thalberg et Glinzberg).

 

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La série presque complète sur le bar du caveau.

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 13:45

 


Poussés par l’envie de découvrir les mystères de l’Alsace et de ses vins, nos amis ardéchois ont enfin trouvé le courage de quitter pour quelques jours le chant des cigales et les parfums de la garrigue, pour remonter dans le grand nord, affronter la rigueur d’un climat hostile et la dureté d’une terre inhospitalière…

Aidé par la météo incroyable de cette fin septembre et par la gentillesse de nos hôtes successifs sur la route des vins, je pense sincèrement les avoir étonnés plus d’une fois au détour d’une halte dans notre belle région.
Comme j’ai l’habitude de le dire à la fin de mes chroniques sur les Grands Crus, je crois bien qu’eux non plus ne boiront plus jamais du vin d’Alsace comme avant….

Après une belle matinée entre Niedermorschwihr et Katzenthal, la pause de midi se fait évidemment à la Taverne Alsacienne d’Ingersheim, chez J.P. Guggenbuhl, cuisinier hors pair et œnophile passionné. Prenez le temps de lire sa magnifique carte de vins, vous comprendrez…
 

 

La suite de notre périple nous emmène vers le sud, direction Guebwiller et ses 4 Grands Crus pour remonter en direction d’Orschwihr et rendre visite au domaine François Schmitt.
Frédéric Schmitt nous accueille dans son caveau alors que ses vendangeurs viennent de couper la dernière grappe du millésime 2011 et qu’une petite fête se prépare du côté du Bollenberg…La classe !

 

 
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Le Bollenberg fin septembre…c’est pas beau çà !
 

 

 

Confortablement installés autour d’une table nous prenons le temps de faire un tour presque exhaustif de la production du domaine :

Pinot Noir Rouge d’Alsace 2010 : simple et gourmand, ce rouge flatte par ses arômes de fruits rouges frais mais reste assez anguleux en bouche.
Pinot Noir Cœur de Bollenberg 2009 : encore une cuvée déjà « bue et approuvée » à la Masterclass d’automne de l’Oenothèque Alsace, mais je ne boude pas mon plaisir face à ces arômes finement toastés, ce fruit bien profond et cette bouche qui allie une chair élégante et soyeuse et dont les arômes fruités et discrètement boisés persistent longuement.
Pinot Noir Cœur de Bollenberg 2010 : le nez est dominé par l’élevage mais la matière en bouche est étonnante de densité, la finale revient sur une fraîcheur très guillerette.
Frédéric Schmitt qui possède un solide savoir-faire en terme de vinification de vins rouges et qui, avec le Bollenberg, dispose d’un terroir propice à l’élaboration de beaux pinots noirs, assume pleinement ses ambitions en nous proposant des cuvées raffinées et racées sur ce cépage dont le potentiel reste encore sous-estimé en Alsace. Ses cuvées Cœur de Bollenberg, résolument travaillées comme des vins de garde commencent à faire parler d’elles…et ce n’est que justice !
Les 2009 et 2010 ne sont pas encore à la vente, il faudra se « consoler » avec le 2008 « hachettisé », « bettanisé » et dégusté lors de mon précédent passage au domaine.

Crémant Blanc de Noir Brut : le nez est discret avec un fruité bien net et quelques notes briochées, la bouche est droite, la mousse bien onctueuse et l’équilibre reste très aérien.
Vinifié en barrique, élevé 36 mois et non dosé, ce crémant présente un profil sérieux mais très élégant, voilà un beau vin de gastronomie

Sylvaner Bollenberg 2010 : le nez est franc et agréable sur les fruits blancs, la bouche est légère et bien fraîche.
Auxerrois Bollenberg 2010 : le registre est complexe, toujours sur les fruits blancs mais avec de délicates notes florales en plus, la bouche possède une matière très gourmande et finement citronnée tout en restant bien tendue et marquée par une minéralité peu habituelle sur ce cépage.
Voilà un sylvaner classique, simple et bien fait et un auxerrois vraiment splendide…comme sur 2009, mais vraiment pas pour les mêmes raisons, j’ai encore craqué pour cette cuvée !

 

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Auxerrois Croix du Sud 2009 : le nez reste encore bien marqué par l’élevage avec des notes boisées, toastées et épicées, la bouche flatte par sa structure rondouillarde somme toute assez agréable.
Auxerrois Croix du Sud 2010 : le nez est plus fin avec de belles notes florales soutenues par un boisé plus discret, l’équilibre en bouche  est superbe, ce vin étonne par sa tension et sa longueur.
Diablement flatteur, le 2009 est conçu pour séduire mais il reste un peu trop moelleux à mon goût, le 2010 par contre est impeccable d’équilibre et de classe…mon premier MIAMMMMM sur cette cuvée !

Riesling 2010 : le nez est très discret, la bouche est droite sans grande fantaisie mais avec une finale assez longue où se dévoilent de belles notes de fruits blancs.
Riesling Bollenberg 2010 : il y a toujours beaucoup de discrétion au nez mais avec un registre plus typé riesling (zestes d’agrumes), la bouche se distingue par une matière très puissante encore un peu fougueuse aujourd’hui (SR : 10g – AT : 11,2g) mais ce vin a de l’avenir.
Riesling G.G Pfingstberg 2009 : le nez est généreusement dédié au pamplemousse, la bouche est très bien structurée avec une trame très verticale enrobée par une matière élégante et charnue, la finale est marquée par de beaux amers.
Riesling G.G Pfingstberg-Paradis 2009 : le nez est fin et distingué sur les zestes d’agrumes, la bouche se tient magnifiquement et révèle une minéralité très puissante, la finale est longue et bien aromatique.
Riesling G.G Pfingstberg-Paradis 2010 : le nez est expressif mais complexe avec des notes de citron, de zeste d’agrumes et de pierre chaude, la structure en bouche est vive et tranchante mais la matière est d’une grande pureté, la finale est longue et très fraîche.
Riesling G.G Pfingstberg 2001 : le nez est très épanoui sur le miel de fleurs et la bergamote, la bouche est large, équilibrée et finement aromatique, la finale bien longue revient sur des évocations florales.
Ces 6 rieslings permettent de comprendre la philosophie du domaine sur ce cépage, pas d’expressivités démonstratives mais de solides charpentes acides et salines qui en font des vins de belle garde. Dans leur version « Paradis » (la parcelle historique du domaine au coeur du Grand Cru) les Pfingstberg se distinguent par leur élégance presque aristocratique. La version 2010 embouteillée avec une malo non réalisée est une vraie réussite (peut-être une piste pour l’élaboration des futurs millésimes…), quant au 2001 sorti par Frédéric de la réserve familiale, c’est de la dentelle !

 

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Pinot Gris Le Maréchal 2010 : le nez est très fin, légèrement toasté il s’épanouit avec de beaux arômes de fruits jaunes, la bouche est généreuse, le gras est présent mais l’équilibre tient remarquablement bien, la finale soutenue par une profonde acidité se prolonge longuement en révélant de belles notes épicées.
Cette cuvée travaillée à la bourguignonne se présente avec une matière exceptionnellement puissante mais équilibrée par  la superbe acidité du millésime 2010. Comme pour l’auxerrois cette tension rend l’élevage moins sensible et beaucoup plus subtil que sur le millésime précédent…Très réussi !

Gewurztraminer Bollenberg 2010 : le nez est élégant, sur un registre exotique, la bouche est bien ronde mais l’équilibre reste plutôt sec, la palette aromatique s’épanouit et se complexifie pour révéler de jolies notes fruitées et discrètement mentholées.
Gewurztraminer Cuvée Marie-France 2010 : le nez est puissamment aromatique et marqué par des fruits exotiques bien mûrs, la bouche est riche et opulente avec une finale sapide et délicatement épicée.
Gewurztraminer G.C. Pfingstberg 2010 : le nez est ouvert, joliment expressif sur les fruits exotiques et les épices, la bouche dessine une silhouette longiligne très élégante et la finale très longue révèle une belle salinité.
Les deux premiers gewurztraminers proviennent du Bollenberg et expriment bien la générosité de ce très beau terroir d’Orschwihr, le vin du Grand Cru est étonnamment ouvert (surtout lorsqu’on les compare aux rieslings G.C. du même âge…) mais possède en bouche une charpente minérale qui le place un cran au dessus des autres…bon sang ne saurait mentir !

 

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Riesling V.T. 2007 : le nez évoque littéralement un panier de fruits exotiques mûrs, la bouche est puissante avec une chair dodue et moelleuse, une fraîcheur très élégante apparaît dès le milieu de bouche et soutient la belle finale où les arômes s’épanouissent et persistent longuement.
Pinot Gris S.G.N. 2010 : le nez est pur et précis sur le miel, les raisins de Corinthe et quelques notes grillées, la bouche possède une matière énorme avec une structure très sphérique, la finale est marquée par de beaux arômes de miel et par une acidité pointue qui équilibre la puissante sucrosité.
Gewurztraminer S.G.N.2010 : le nez surprend par sa timidité mais dévoile peu à peu une palette très complexe, la bouche est pleine d’harmonie et de délicatesse avec un fruité profond dont l’intensité monte progressivement, la finale est nette et très élégante.
Ces trois cuvées en surmaturité ont des personnalités très différentes mais possèdent un pouvoir de séduction absolu. Comme le gewurztraminer goûté lors de notre précédent passage, le riesling 2007 commence à dévoiler son beau potentiel et ravit nos papilles par son expressivité et son équilibre tonique. Les 2 cuvées 2010 sont sans conteste de très belles réussites mais se présentent avec des profils diamétralement opposés : le pinot gris issu d’une jeune vigne assume sa puissance en faisant voir ses muscles avec ostentation et le gewurztraminer récolté sur le même terroir mais sur une très vieille vigne (80 ans), arrive sur la pointe des pieds et demande le verdict du palais pour révéler sa classe et sa profondeur.

Frédéric Schmitt nous a ouvert sa cave et consacré deux heures de son temps –sûrement précieux en cette période – pour nous expliquer sa manière de comprendre ses terroirs et de concevoir ses vins. Même s’il a déjà  vinifié une douzaine de millésimes, ce jeune vigneron continue de s’interroger sur les moyens à mettre en œuvre pour générer des vins qui donnent la meilleure interprétation possible de leur terroir tout en restant accessibles à sa clientèle de particuliers, dont certains sont fidèles au domaine depuis fort longtemps.
Il nourrit une ambition fort justifiée pour ses deux lieux-dits de prédilection, le Grand Cru Pfingstberg et le Bollenberg, où il travaille sans relâche pour y produire de très grands vins d’Alsace reconnus à leur juste valeur.
Fidèle à la tradition de la maison il ne néglige pas pour autant les cuvées d’entrée de gamme, des vins simples, précis et réguliers avec un exceptionnel rapport Q/P. d’où émergent quelquefois de vraies pépites comme le Sylvaner Bollenberg 2008 (épuisé depuis longtemps, hélas) ou l’auxerrois Bollenberg 2010…
Le Pfingstberg est un terroir assez complexe dont Frédéric Schmitt pense ne pas encore avoir encore percé tous les mystères : son expérience de vinification des rieslings 2010 sans malo s’avère intéressante puisque cette cuvée se goûte merveilleusement bien aujourd’hui…Ceci dit, il fait vraiment preuve de perfectionnisme parce que son « petit coin de Paradis » nous régale maintenant depuis quelques millésimes…mais si ça peut encore être meilleur, je suis évidemment preneur !

 

 
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Le Pfingstberg…avec la parcelle « Paradis » au centre (à G de l’inscription)
 

 

 

Le Bollenberg est un terroir qui inspire visiblement Frédéric Schmitt, il y laisse libre cours à sa créativité en y concevant des vins haut de gamme souvent très originaux : le versant est du coteau lui fournit des pinots (blancs, gris et noirs) de premiers choix pour ses vinifications à la bourguignonne, le versant ouest est presque exclusivement dédié à la conception de ses précieuses cuvées moelleuses.
En tous cas, en sortant du caveau du domaine Schmitt on a le sentiment d’avoir vécu une belle expérience oenophile et on se dit que des rencontres de cette qualité donnent vraiment envie de continuer à aimer le vin et à respecter profondément ceux qui le font.
Merci Frédéric…et bonne chance pour 2011 !


 


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Un ardéchois perplexe en train de choisir des bouteilles de la série dégustée…offertes par notre hôte du jour pour regoûter...beau geste !

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 08:27

 


Poussés par l’envie de découvrir les mystères de l’Alsace et de ses vins, nos amis ardéchois ont enfin trouvé le courage de quitter pour quelques jours le chant des cigales et les parfums de la garrigue, pour remonter dans le grand nord, affronter la rigueur d’un climat hostile et la dureté d’une terre inhospitalière…

Aidé par la météo incroyable de cette fin septembre et par la gentillesse de nos hôtes successifs sur la route des vins, je pense sincèrement les avoir étonnés plus d’une fois au détour d’une halte dans notre belle région.
Comme j’ai l’habitude de le dire à la fin de mes chroniques sur les Grands Crus, je crois bien qu’eux non plus ne boiront plus jamais du vin d’Alsace comme avant….


La première halte s’est faite à la Nécropole de Sigolsheim, magnifique promontoire au dessus des vignes du Grand Cru Mambourg, qui offre une vision à 360° du vignoble alsacien. Ce lieu magnifique chargé d’émotion ne laissera personne indifférent (c’est là qu’a été tournée la dernière scène du film « Indigènes ») et rappellera que derrière ces paysages bucoliques et ces villages fleuris si pittoresques qui font le charme de notre région, se cache une histoire lourde de guerres et de drames.

L’étape suivante nous emmène à Niedermorschwihr, superbe village blotti au pied du Sommerberg, où nous attend Claude Weinzorn, le bon géant du vignoble alsacien.
Malgré des vendanges en cours et un pressoir en pleine action, Claude nous fait l’amitié de nous recevoir avec un grand sourire et nous propose une rapide visite de cave ainsi que la dégustation de quelques références choisies sur sa carte :

Riesling 2009 : issu des jeunes vignes sur le Sommerberg et de la parcelle Z, c’est un vin plein, rond et gourmand.

Riesling G.C. Brand 2007 : comme je l’ai déjà pu le dire à d’autres occasions, pour moi, c’est l’une des réussites exceptionnelles sur ce millésime (je le préfère au Sommerberg, c’est dire !)...mais il ne reste hélas que quelques bouteilles à vendre.

Riesling G.C. Florimont 2007 : cette cuvée très confidentielle est très expressive au nez, d’une grande densité en bouche et révèle en finale des notes crayeuses avec une belle longueur aromatique.

Après cette petite série exclusivement consacrée au riesling nous repartons un peu frustrés de n’avoir pas pu aller plus loin dans la dégustation mais le temps presse pour tout le monde car de notre côté, l’heure du prochaine rendez-vous est déjà largement dépassée et du côté du domaine de l’Oriel, la journée de vendanges est loin d’être terminée. Ceci dit, la générosité et la joie de vivre du grand Claude, qui se retrouvent toujours un peu dans ses vins, méritent toujours largement ce petit crochet par Niedermorschwihr...qu’on se le dise !
 

 

 

C’est avec une bonne demi-heure de retard que nous passons sous le porche de la maison Bernhard à Katzenthal pour nous retrouver dans la fraîcheur bienvenue du caveau de dégustation du domaine, avec comme musique d’ambiance le glou-glou des jus de 2011 qui fermentent gaillardement.
Frédéric Bernhard est au service et nous propose un choix élargi de cuvées présentes sur leur carte.
Ambiance conviviale, vins précis et gourmands…bref, cette halte au domaine Bernhard, nous permet de vivre, une fois de plus, une belle rencontre avec un vigneron et sa production.

Je ne prends que quelques notes succinctes sur certaines cuvées, la plupart d’entre-elles ayant déjà été commentées lors de mon précédent passage au cours du mois de juin.

Riesling G.C. Schlossberg 2010 : le nez est ouvert et très flatteur sur les agrumes, la bouche possède une charpente très droite enrobée par une matière juteuse et charnue.
Riesling Grand Cru Wineck-Schlossberg 2010 : le nez se cherche et se fait chercher par le dégustateur mais la bouche est dotée d’une très belle matière et révèle une profonde salinité en finale…ceci dit, il faut reconnaître qu’à l’heure actuelle la structure de ce vin est encore un peu décousue.
Comme pour 2009 le Schlossberg prend beaucoup moins de temps pour se mettre en place que le Wineck mais la matière du second ne laisse aucun doute sur son potentiel…en toute confiance, comme d’habitude !

Vogelgarten 2009 : le nez est ouvert, très expressif avec un registre quelque peu surprenant mais particulièrement séduisant, la bouche est gourmande et superbement balancée MIAM !!!
Cet assemblage provient du lieu-dit « Jardin des oiseaux » situé entre les grands crus Mambourg et Furstentum et allie pinot gris et gewurztraminer dans une synergie parfaite…en tant que vieil habitué de la maison ce fut vraiment la découverte du jour !

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Gewurztraminer Vieilles Vignes 2009 : le nez est délicat sur un registre très exotique avec quelques notes florales en fond, la bouche est suave avec un moelleux délicat et une finale où on retrouver une touche de fraîcheur très agréable.

 

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Gewurztraminer G.C. Kaefferkopf 2010 : le nez est délicat sur un registre proche du précédent, la bouche est élégante, finement travaillée et avec une structure aérienne longiligne et distinguée…de la dentelle !

Gewurztraminer G.C. Mambourg 2009 : déjà « bu et approuvé » il y a quelques jours lors de la Masterclass d’automne de l’Oenothèque Alsace ce vin est un séducteur par sa palette exotique et finement poivrée mais en bouche on y perçoit une force et une énergie peu communes. Magnifique !

 

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Ces trois vins constituent en quelque sorte des interprétations idéales de ce cépage emblématique de l’Alsace avec un profil aromatique guilleret et épanoui et une bouche toujours bien équilibrée et digeste mais où la profondeur et la densité montent d’un cran à chaque fois.

 

 

Malgré le temps qui défile, Frédéric Bernhard nous propose de terminer le tour d’horizon de sa production en goûtant sa gamme de vins moelleux en compagnie de son épouse venue nous rejoindre avec quelques bretzels…c’est vrai que c’est l’heure de l’apéritif !
Nous sirotons avec délectation des liquides dorés, concentrés et richement parfumés, je ne prends plus de notes mais je tombe littéralement sous le charme des cuvées 2007 : le Jus de Jules (V.T. de riesling), le riesling S.G.N. et le muscat V.T. se montrent absolument irrésistibles à l’heure actuelle. MIAMMMMMM !


Comme d’habitude, on ressort de cette dégustation, impressionné par l’homogénéité qualitative de la production du domaine Bernhard : des cuvées d’entrées de gamme jusqu’aux plus grandes références de la carte, on y sent ce souci d’exigence absolue qui fait naître des vins nets et précis et profondément typés.
Frédéric Bernhard est un jeune vigneron qui a développé une connaissance très fine de ses terroirs et qui s’applique à concevoir des vins qui en révèlent les expressions les plus pures possibles.
Ajoutez à tout cela un accueil toujours souriant et sympathique et une carte proposant rien de moins que 6 Grands Crus avec un rapport Q/P exceptionnel…vous comprendrez aisément ma fidélité à ce domaine de Katzenthal.

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 18:13

 

Initialement prévue le 10 septembre, cette nouvelle Masterclass à été programmée deux semaine plus tard et pour le coup elle porte vraiment bien son nom puisque elle a lieu 2 jours après le début officiel de l’automne…jolie coïncidence !
Les vendanges n’étant toujours pas terminées dans le vignoble alsacien les vignerons qui participent habituellement à ces séances manquent à l’appel, c’est donc devant un auditoire restreint (une petite douzaine de passionnés) que Thierry Meyer va traiter 2 thèmes particulièrement alléchants :

·    2009, un grand millésime pour les pinots noirs alsaciens : l’année de la sagesse et de la maîtrise.

·    2009, un millésime complexe pour les blancs : la difficile équation pour gérer l’équilibre entre maturité physiologique et richesse alcoolique.

Voilà des sujets qui sentent bon la belle quille…je sens que j’ai bien fait de venir me mettre à l’ombre sur les bancs de la salle de dégustation de la maison Wolfberger !

 

 

Masterclass Alsace du 24 septembre 2011 à Colmar

 

 

Tous les vins sont dégustés et commentés à l’aveugle – verres INAO


Thème 1 : les grands pinots noirs 2009

Bourgogne Vieilles Vignes – J. Voillot à Volnay : le nez est superbement fruité, cerise noire et cassis, la bouche est souple, soyeuse avec une fruit de grande qualité et une finale fraîche et digeste.
Un pinot noir pur, élégant qui révèle un fruit superbe, quel plaisir ! En plus, avec un prix ultra-sage cette bouteille offre sans conteste le meilleur rapport Q/P de la série.

Pinot Noir XXC – V. Stoeffler à Mittelbergheim : le nez est fortement torréfié à l’ouverture mais le fruit se manifeste avec l’aération pour devenir très expressif et très gourmand, la bouche est acidulée avec des tanins souples et un fruité qui ressort davantage, la finale est longue mais un peu marquée par l’alcool.
Une cuvée avec une matière conséquente mais qui cherche encore son équilibre optimal : un pinot noir dont les éléments constitutifs ont encore besoin de quelques années pour trouver leur cohérence.

Pinot Noir – R. Fritsch à Marlenheim : le nez s’ouvresur des notes végétales peu élégantes qui dominent les arômes de fruits rouges bien trop discrets, la bouche est très austère avec des tanins accrocheurs et une acidité très présente.
Suspectant un problème de bouteille, Thierry ouvre un second flacon de la même référence : ce vin se montrera un peu plus net au nez, plus corsé et avec une belle finale en bouche…mais quand même assez décevant au bout du compte.
Issu du G.C. Steinklotz, cet assemblage de pinot noir avec un petit pourcentage de gewurztraminer ne se présente pas sous son meilleur jour aujourd’hui…de plus, la palette aromatique très végétale et la structure très austère ne plaident pas en faveur d’un gros potentiel de garde…Perplexe !


Pinot Noir Cœur de Bollenberg – F. Schmitt à Orschwihr : le nez est finement torréfié (pain grillé, café) mais on sent facilement une belle présence fruitée (framboise, cerise burlat), la bouche possède une chair pleine de gourmandise, un très beau fruité et une finale agréablement boisée et épicée.
Voilà une très belle expression de pinot noir sur un terroir qui lui va comme un gant…encore un peu turbulent dans sa jeunesse ce vin possède un très beau potentiel de garde et réservera de belles émotions aux chanceux qui l’auront oublié en cave.

Pinot Noir Clos Saint Landelin – R. Muré à Rouffach : le nez est empyreumatique avec des notes de grillé, de fumée et une pointe de vanille, la bouche révèle une grande finesse aromatique sur les fruits noirs tout en déployant une charpente imposante et une matière concentrée, la finale est longue et revient sur des nuances épicées.
Ce clos situé sur le G.C. Vorbourg a produit un pinot noir corsé, charnu, concentré…une classe évidente qui me séduit à chaque rencontre. Superbe bouteille !

Pinot Noir Grand P – A. Mann à Wettolsheim : le nez est complexe avec des notes de torréfaction et de griotte, la bouche est équilibrée, fraîche et soutenue par une trame tannique veloutée, la finale très digeste se distingue par une grande persistance aromatique.
Récolté sur le G.C. Pfersigberg, ce beau pinot noir se livre déjà avec beaucoup de charme aujourd’hui mais ne nous emballons pas, ce vin est conçu pour la garde et mérite qu’on lui donne un peu de temps pour se révéler pleinement.

Pinot Noir – L. Barth à Bennwihr : le nez très discret semble vraiment fermé mais la bouche laisse apparaître une structure parfaite, une sorte de triangle équilatéral entre richesse, tanins et acidité, la finale tient longuement au palais.
Issu du G.C. Markrain ce « nourrisson » est de la race des plus grands…qu’on se le dise !

 


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La série au complet avec la bouteille sans étiquette de L. Barth (un vin pas encore en vente).
 

 

 

Pour conclure :

- Cette série de pinots noirs 2009 avait comme but annoncé de vérifier si après 2003 et 2005 les vignerons alsaciens avaient su tirer les leçons de ces millésimes chauds assez proches de 2009 par certains aspects, pour mieux maîtriser ce cépage. Les équilibres constatés sur ces 6 cuvées alsaciennes prouvent qu’il y a eu un vrai retour vers plus de mesure et de sagesse dans la conception des pinots noirs 2009…bravo messieurs !
- Le petit jeu du jour proposé par Thierry consistait à classer les vins par ordre de préférence et à démasquer l’intrus bourguignon.

Pour isoler un coup de cœur ce ne fut pas trop difficile : à chaque fois que je rencontre le Clos Saint Landelin dans un série, je tombe sous son charme…dense et complet comme la plupart des vins de cette sélection il gagne ce duel en se montrant plus ouvert et plus causant que ses voisins…MIAM !
Pour trouver le « pirate » j’ai hésité entre 2 flacons : le premier vin de la série s’imposait à moi comme une évidence, son style et son registre aromatique me rappelaient indubitablement mes récentes visites bourguignonnes mais, après réflexion, j’ai choisi de désigner le « Cœur de Bollenberg ».
Erreur coupable, car en matière de vin il faut souvent se fier davantage aux messages sensoriels et émotionnels qu’aux conclusions issues d’un raisonnement, mais erreur excusable lorsqu’on connaît les conceptions de Fréderic Schmitt en terme de vinifications des pinots (blancs, gris et noirs), très en phase avec les méthodes bourguignonnes…en plus je suis sûr que ma bévue aurait fait grand plaisir à ce sympathique vigneron !

- Ceci dit, on peut affirmer sans trop se tromper que 2009 est un très beau millésime pour les rouges d’Alsace…ces vins sélectionnés en sont des preuves manifestes, sans compter que la série aurait pu être bien plus longue avec un niveau qualitatif tout aussi élevé.
Il reste encore quelques bouteilles à vendre dans bien des domaines…à bon entendeur, salut !

 

 

Thème 2 : une sélection de grands blancs 2009

Série 1 : vins issus de terroirs drainants.

RieslingG.C. Sommerberg-Cuvée Eckberg – Domaine A. Boxler à Niedermorschwihr : le nez est fin et complexe sur le citron mûr et les fleurs blanches, la bouche séduit par son fruité épanoui autour d’une acidité très verticale qui laisse une belle sensation de fraîcheur en finale.
Ce grand cru granitique associe le caractère solaire de son climat et une grande minéralité issue de son terroir…l’équilibre est impeccable, c’est un grand vin tout simplement !

Pinot Gris G.C. Muenchberg – Domaine Ostertag à Epfig : le nez est plus discret mais très pur avec de délicates évocations florales, l’équilibre en bouche est aérien mais tenu par une belle vivacité, la finale est sapide avec des amers nobles très agréables.
Sur ce terroir principalement gréseux, ce pinot gris étonne par la pureté de sa matière et l’élégance de sa silhouette…du travail d’orfèvre !

Riesling G.C. Rangen-Clos Saint Urbain – Domaine Zind-Humbrecht à Turckheim : le nez est discret mais très complexe avec des arômes de groseille blanche, d’agrumes frais et de pierre à feu, la bouche impressionne par sa chair, sa concentration et sa salinité ultra-puissante, la finale est très longue, sapide et délicatement fumée.
Je ne peux que m’incliner devant tant de force et de race…Je crains qu’il n’y aura que peu de suspense pour la désignation du coup de cœur de l’après-midi !

Riesling S.G.N. – Domaine Hugel à Riquewihr : le nez est bien expressif avec des arômes intenses d’ananas mûr et de pomelo, la bouche possède une liqueur concentrée mais avec un équilibre subtil et une finale qu’une pointe acide relève avec bonheur.
La matière est impressionnante (220g de SR et 8,4 g d’AT) et l’équilibre très moelleux bien construit sur cette cuvée SGN de la maison Hugel exceptionnellement issue de raisins récoltés sur un terroir granitique (l’Engelsreben) parce qu’il n’y a pas eu de botrytis sur le Schoenenbourg en 2009.
Et pourtant je reste perplexe devant ce vin qui me semble plus taillé pour impressionner dans des sessions de dégustation que pour vraiment se trouver une place à table…

 

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Série 2 : vins issus de terroirs complexes.

Riesling G.C. Osterberg – Domaine L. Sipp à Ribeauvillé : le nez est discret, pierreux et légèrement floral, la bouche est équilibrée mais un peu austère, la finale fraîche et très saline marque le palais et persiste longuement.
Après la matière surréaliste de la SGN précédente ce riesling a quelque peu heurté nos sens par sa droiture et sa verticalité, ceci dit, goûté dans d’autres circonstances ce cru ne m’a jamais déçu mais aujourd’hui c’était un peu austère-berg !

Sylvaner Eminence – Domaine A. Bursin à Westhalten : le nez est bien ouvert avec des arômes très élégants de fruits jaunes, la bouche est délicatement moelleuse avec une structure bien large et une finale légère et sapide.
Avec 60g de SR c sylvaner est tout à fait atypique mais au bout du compte on tombe facilement sous son charme et on le déguste avec un plaisir évident.

Schoenenbourg – Domaine Deiss à Bergheim : le nez est flatteur et généreux sur un registre exotique bien affirmé, après une attaque assez vive, la bouche s’épanouit pour laisser s’exprimer une matière dense avec une acidité très large et une finale saline et longue.
Un vin juste à la limite du démonstratif…un joli travail d’équilibriste sur ce terroir plein de fougue. Bravo !

Gewurztraminer G.C. Altenberg de Bergbieten-V.T. – Domaine R. Schmitt à Bergbieten : le nez est bien expressif avec des arômes agréables de miel de fleurs et de rose, la bouche est gourmande et très suave avec un fruité confit et une belle salinité qui rend la finale particulièrement digeste.
Le caractère paisible de l’Altenberg agit sur la puissance du cépage et du millésime pour réaliser une V.T. très riche (une maturité de SGN en fait) mais parfaitement équilibrée. Visite prévue prochainement au domaine…ça tombe bien !

 

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Série 3 : vins issus de terroirs marno-calcaires.

Sylvaner Brandstatt – Domaine Otter à Hattstatt : le nez est discret et complexe avec des notes de froment, de malt, de citron et de fleurs blanches, la bouche très charnue révèle une minéralité affirmée et palpable, en finale une petite amertume confère une belle digestibilité à l’ensemble.
Déjà goûté au printemps ce sylvaner étonne toujours autant par sa complexité même si sa position dans la série ne l’a pas particulièrement avantagé lors de cette dégustation.

Pinot Gris Côtes de Rouffach – Domaine Rieflé à Pfaffenheim : le nez est mûr avec des notes de grillé et de fleurs séchées, en bouche le vin est assez long à se mettre en place mais la structure est bien balancée et la finale se prolonge avec de belle sensations minérales et une petite touche fumée.
Assemblé sur un ensemble de lieux-dits à dominante calcaire situés au pied des Vosges, ce pinot gris demande un peu de temps pour se révéler, mais lorsqu’il s’exprime on est rapidement conquis et on se plait à rêver à de beaux accords gastronomiques.

Gewurztraminer G.C. Mambourg – Domaine J.M. Bernherd à Katzenthal : le nez est magnifique avec ses arômes de rose et de jasmin soutenus par de fines touches épicées, la bouche est ample et large, sans trop de moelleux mais avec une matière grasse et charnue et une finale profonde et longuementaromatique.
Il n’y a pas à dire, les Bernhard tiennent vraiment bien ce Mambourg ! Splendide !

Riesling G.C. Pfoeller-V.T. – Domaine Meyer-Fonné à Katzenthal : le nez est bien expressif avec des arômes de citron confit et d’abricot, la bouche se montre douce et suave à l’attaque avent de déployer une trame acide très large et bien mûre, la finale est très saline et finement aromatique.
Alliant une matière concentrée et une structure vive et fringante ce riesling est déjà particulièrement séduisant…preuve s’il en fallait que 2009 aura produit quelques V.T. d’anthologie sur ce cépage.

 

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Pour conclure :

- après un peu de recul, il s’avère que 2009 ne fut pas un millésime si simple que cela en Alsace : précocité et chaleur ont obligé les vignerons à opérer des choix difficiles mais cruciaux à chaque étape de la conception de leurs crus pour trouver des équilibres évitant le piège de la richesse excessive…dur métier !

- la série concoctée par Thierry a témoigné d’un niveau qualitatif vraiment exceptionnel et la décision de l’organiser en 3 sous-ensembles homogènes au vu des terroirs d’origine a indiscutablement contribué à augmenter la lisibilité de cette dégustation…même si le passage du moelleux vers le sec a parfois demandé un temps d’adaptation et a surement un peu nui a l’évaluation des premières bouteilles des derniers quatuors.

- Pour le coup de cœur, aucun suspense, je reste évidemment sur le choix du grandiose Rangen même si, au bout du compte, je serai prêt sans hésiter à faire une petite place dans ma cave à n’importe quel vin de cette sélection.

Une fois de plus maître Thierry nous a régalé par un ensemble de quilles d’une qualité rare…Mille mercis pour ce beau moment et vivement la prochaine session de l’Oenothèque Alsace!

 


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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 15:30

 

 

Côtes du Jura Savagnin 1996 – Domaine Grand à Passenans

 

Robe : jaune ambré mais très brillant.
Nez : complexe et évolutif on y découvre des notes assez classiques de noix, de cire mais aussi quelques belles évocations florales et épicées.
Bouche : l’attaque est marquée par une acidité très vive, le milieu laisse apparaître une silhouette volumineuse mais très élégante et la finale étonne par sa grande longueur aromatique.
Après une quinzaine d’années de garde, ce savagnin dont la palette initiale révèle un élevage sans ouillage a développé une jolie complexité et une vraie profondeur. Joli !


Pommard 1°Cru Les Charmots 2006 – Domaine Vaudoisey-Creusefond à Pommard

Robe : la teinte est légère, rubis clair avec des bords dégradés sur l’orange.
Nez : ouvert et avenant il séduit par ses notes de cerise confite et d’amande douce même si une touche bien minérale (graphite, argile) nous rappelle l’origine.
Bouche : la matière est charnue avec un toucher velouté et une palette très épanouie sur les fruits rouges mûrs, la finale revient sur plus de minéralité.
Un Charmot charmeur (elle est facile…) mais avec un marquage minéral qu’on ressent comme un leitmotiv…un petit cadeau de l’ami cyra qui n’a pas fait long feu à table ! Il va quand même falloir que je réussisse à rencontrer ces vignerons…

 

 

Riesling G.C. Wineck-Schlossberg 2008 – Domaine J.M. Bernhard à Katzenthal

Robe : jaune clair avec des reflets vert-pâle.
Nez : précis et typé il révèle de très beaux arômes de zestes d’agrumes et de « caillasse ».
Bouche : l’attaque est tranchante avec une acidité magnifique de pureté et de profondeur qui s’impose au palais, la finale se prolonge dans un registre plus complexe avec des agrumes, de la résine et quelques beaux amers.
Ciselé avec une grande précision ce riesling reste une lame coupante à réserver à un public averti ou à laisser encore un peu en cave…pour moi c’est tout choisi !

 


Puligny Montrachet 2002 – Domaine Carillon à Puligny

Robe : jaune moyen, très brillant avec des reflets gris métallique.
Nez : la palette est vraiment « classieuse », notes de fleurs blanches, de froment, d’épices complétées par une minéralité très expressive (craie, résine).
Bouche : le toucher est onctueux, l’acidité est mûre et d’une grande profondeur, la finale reste entièrement dédiée à la minéralité.
Voilà un puligny villages arrivé à pleine maturité : lorsqu’on a la chance d’attraper cette cuvée au bon moment on est toujours surpris par son exceptionnelle qualité.

 

 

Puligny Montrachet 1°Cru Les Perrières 1999 – Domaine Carillon à Puligny

Robe : jaune prononcé, lumineux avec des reflets dorés.
Nez : mystérieux et complexe il révèle peu à peu des notes de beurre, d’amande, d’herbes aromatiques avec un fond très « pierreux ».
Bouche : la matière est épanouie, la structure laisse une impression de sphéricité parfaite et la finale revient sur une puissante minéralité en laissant persister de belles sensations salines et quelques notes de menthe.
Le gras de la texture et la profonde minéralité résonnent en une suite chorale de toute beauté…Grand vin !

 

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Le Montrachet à Puligny...Magique !

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 18:35


Contrairement à l’année passée c’est sous la canicule de fin août que nous nous retrouvons à faire notre traditionnel périple bourguignon avant de penser à la rentrée scolaire. Avec Martial qui m’accompagne pour la 3° année consécutive et deux « jeunots » du club AOC désireux de vivre quelques émotions oenophiliques in-situ, nous partons pour 2 jours de visites à la recherche de bons vins et de caves fraîches.


 

Jour 2 : Morey et ses grands crus – Santenay et ses premiers crus.


 

Domaine Françoise et Denis Clair à Santenay



Comme d’habitude, j’essaie toujours d’inclure la visite d’un nouveau domaine dans ma tournée, histoire de se faire surprendre et de compléter mon carnet d’adresses bourguignon, déjà bien fourni au demeurant.
Après quelques recherches croisées auprès de sources dignes de confiance, j’ai choisi de programmer notre ultime étape du côté de Santenay, au domaine de Françoise et Denis Clair.

 

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Transportant un rack de bouteilles de vin blanc, Denis Clair sort de sa maison et se dirige vers le chai en s’étonnant que nous ne le suivions pas spontanément : « normalement, lorsqu’un alsaco voit passer un gars avec des bouteilles dans les mains, il n’hésite jamais à lui emboîter le pas… »…voilà une prise de contact qui a le mérite d’être très directe !
Entre 2 taquineries sur l’Alsace, qu’il connaît visiblement très bien, notre hôte nous propose la dégustation de 5 vins blancs et de 5 vins rouges pour se faire une idée précise de la production du domaine, qui compte 20 références à la carte en 2011 (et certaines cuvées disponibles sur 2 millésimes). Avec la saine fatigue des papilles après 2 jours d’intenses sollicitations et l’heure fatidique du voyage retour qui approche, cette proposition tombait à pic.

 

 

Nous commençons par goûter les vins blancs sur 2009 :


Hautes Côtes de Beaune : le nez est discret et agréable sur les petits fruits blancs, la bouche se livre avec facilité et bonhommie car la matière est souple mais assez généreuse.
Issue de parcelles situées sur les coteaux des Maranges cette cuvée séduit par sa simplicité vraiment gourmande. A 8 euros c’est une entrée de gamme fort recommandable.

Santenay : le nez est discret, délicatement fruité, en bouche cette cuvée se démarque nettement de la cuvée précédente par son volume et sa tension.
Récoltés sur plusieurs parcelles situées autour du village de Santenay, ces chardonnays ont généré un vin vif et bien structuré.

Saint Aubin 1°Cru Les Frionnes : le nez est très agréable avec un fruité frais et épanoui (fruits blancs), des notes florales et une touche crayeuse, la bouche est droite et tendue avec une très belle minéralité en finale.
Le terroir classé 1° cru sur ce coteau situé à l’entrée du village de Saint Aubin marque déjà très profondément ce vin qui possède une palette complexe et une belle trame minérale.

Saint Aubin 1°Cru Les Murgers des Dents de Chien : le nez est très élégant, floral et particulièrement minéral, la bouche trouve un équilibre très tonique entre gras et minéralité, la palette aromatique s’épanouit et propose de beaux arômes d’agrumes frais, la finale très saline est marquée par de très beaux amers
Né dans une parcelle très caillouteuse située à la limite de l’appellation Puligny ce premier cru de Saint Aubin brille par sa pureté et sa richesse…voilà un très grand vin !

Puligny Montrachet 1°Cru La Garenne : le nez est très complexe avec un fruit discret, des notes pierreuse et un boisé fin, en bouche la matière est ample, l’acidité est bien large et la finale que de beaux amers rendent particulièrement digeste s’étire avec une belle longueur.
La Garenne se situe près des Champs Gain mais aussi tout près des Murgers des Dents de Chien…lorsque le boisé un peu plus présent que sur les autres vins (30% de fûts neufs) se sera fondu dans la matière on constatera sûrement le véritable air de famille qui existe entre ces 2 belles cuvées.


Nous poursuivons la dégustation par une série de vins rouges sur 2009 :

Hautes Côtes de Beaune : le nez est très gourmand sur les fruits rouges, la bouche est simple avec une structure très aérienne et une finale bien fraîche qui laisse deviner une trame tannique très fine.
Comme son homonyme blanc ce vin provient des hauteurs de Maranges ; avec une vendange éraflée à 100% on retrouve une sorte de quintessence du fruit…direct, flatteur mais sans chichis. MIAM !

Saint Aubin 1°Cru Sur le Sentier du Clou : le nez est charmeur sur la cerise mûre et les épices douces, la bouche charnue et équilibrée est d’accès facile, même si une belle trame tannique se révèle pour soutenir une finale bien longue.
Cette parcelle au nom énigmatique se situe au dessus du climat des Frionnes et a produit sur 2009 un vin au fruité croquant, qui se livre avec simplicité et authenticité.

 

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Santenay Clos Genet : le nez est assez discret mais avenant avec de délicates notes de griotte, la bouche dénote un peu par une structure assez virile mais bien équilibrée, la finale est richement aromatique avec des notes de réglisse et d’épices douces.
Cette parcelle située en bas de coteau près du village et en dessous du 1°Cru Maladière, produit une première cuvée de Santenay qui séduit par l’élégance distinguées de sa palette son équilibre très « terrien ».

 


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Vue de la cour du domaine Clair sur les vignes du Clos Genet



Santenay 1°Cru Clos des Mouches : le nez est discret, complexe et racé sur la cerise noire et le cassis, la bouche possède une chair veloutée soutenue par une charpente tannique puissante, la finale est très longue.
Même si on y repère facilement la noblesse de la provenance, cette très belle cuvée s’impose sans esbroufe…tout en distinction et en classe. Très beau vin !

 

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Santenay 1°Cru Clos de la Comme : le nez est fin et complexe sur un registre frais et fruité, la bouche est tonique et concentrée avec une finale fraîche et délicatement minérale.
Une parcelle de vignes de plus de 60 ans située à la limite du ban de Chassagne (à côté du 1°Cru Morgeot de Chassagne) nous livre un vin corsé et plein de sève…comme quoi bon sang ne saurait mentir !

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Attention, la rencontre avec Denis Clair peut être surprenante : vigneron adepte du franc-parler et de pointes d’humour parfois provocantes, il prend un malin plaisir à « bousculer » gentiment ses clients tout en leur proposant de passer en revue sa production vinique…esprits chafouins et susceptibles vous voilà prévenus !

En revanche, la rencontre avec les vins du domaine réserve beaucoup moins de surprises : la belle homogénéité et le haut niveau qualitatif de l’ensemble des cuvées est tout à fait conforme à nos attentes…et c’est bien là l’essentiel !

Les blancs sont vifs et expressifs, faciles d’accès dès leur jeunesse ils ne manquent cependant pas de matière ni de profondeur. A titre personnel je relèverai la cuvée 1° cru Murgers des Dents de Chien  2009 que je trouve vraiment de toute beauté.

Les rouges permettent un tour d’horizon presque complet de tous les beaux terroirs de Santenay : très terriens dans leur fond ces vins ont profité de la richesse du millésime 2009 pour bâtir des équilibres gourmands et raffinés. Mon coup de cœur ira sans hésiter vers le magnifique Clos des Mouches…GRAND MIAM et GROS SLURP !!!!

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  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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